




C'est parti pour la première histoire.
Et je tiens à dire que celle-ci comme celles qui pourraient suivrent n'ont absolument aucune prétention.
Z'attendez pas à du Stephen King.
Ah et si par malchance vous tombez sur une astérix, c'est qu'il faut descendre vraiment tout en bas pour en profiter.
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Sur pas mal de mondes, les vivants développent des trésors
d’ingéniosité pour se loger.
Souvent parce qu’ils se les caillent, et parfois par soucis d’intimité.
Sur le notre par exemple, on a su marier les lois mathématiques et physiques avec ingéniosité pour pouvoir bâtir des édifices toujours plus fonctionnels.
Bon ok c’était loin d’être un parcours sans faute et on c’est retrouvés à ériger des choses aussi débiles que des Dolmens, sortes d’abribus sans bus, ou encore ces énormes choses triangulaires réservés au morts qu’on appel pyramides. Comme si un mec dont on a sucé le cerveau comme un diabolo menthe, qu’on a étouffé à coup de bandelettes et dont on à reparti la quasi-totalité des parties vitales dans une cinquantaine de bocaux différents ; pouvait se soucier de la température ou de son intimité...*
Mais globalement, on s’en tire quand même bien et on se retrouve avec des tours tellement stables qu’elles résisteront bientôt aux avions, des ascenseurs tellement parfaits qu’ils nous volent le haut-le-cœur de l’arrêt, et des tunnels tellement bien qu’on les as sous la manche.
Et puis pour un peu qu’on mettrait un escalator pour aller visiter Toutânkhamon, ça aurait tout de suite une autre gueule.
Mais des mondes il y’en a beaucoup.
Et parmis les époques et les galaxies, il en est un frais et naïf sur lequel notre regard s’arrête, le temps d’une poignée de minutes.
D’ailleurs zoomons tout de suite sur l’endroit qui nous intéresse pour ne par perdre de temps : une colline.
Bien ronde et herbue, entourée de bois, de ciel, et de toute une famille d’autres collines ronde et herbues dont les parents avaient apparemment envie d’allocations familiales.
Et au sommet de cette colline donc, se trouve une tour.
Toute de pierre et de tuiles, elle s’élève vers le ciel comme un champignon anorexique voulant sortir une racine pour se gratter le nez. Un champignon près à s’effondrer d’un moment à l’autre.
D’ailleurs un étage si ce n’est plus semble s’être déjà effondré puisque un monticule de pierres et de briques, de cadrans, de portes, de meubles et de babioles serre de support au reste de l’édifice. Au dessus, la vision est tellement improbable que n’importe quel athée l’embrassant se convertirais à la première religion venue :
Les pierres sont désolidarisées les unes des autres, pas de ciment, pas de liants, et la majorité d’entre elles sortent dangereusement de leur emplacement pour jeter un œil au paysage, tandis que certaines on déjà réussi à se libérer complètement pour aller découvrir la gravité.
A cinq bons mètres du sol une porte construite à l’anti-équerre donne sur le vide alors que plus haut des fenêtres diagonales sans chambranle, carreaux ni poignées laissent échapper des batteries de perchoirs à oiseaux.
Et jusqu’au sommet, des systèmes compliqués de cordes, poulies et contrepoids s’étirent depuis les trous laissés par les pierres et quelques meurtrières géantes.
Tout en haut une girouette surplombant le toit de tuiles pointu oscille et tourbillonne au gré du vent.
Depuis le sol, le tout vacille.
Et alors que le lapin ayant profité de la pause description au pied de la tour vient de repartir vers ses sautillements pour se trouver un Dieu, un soulagement tonitruant s’envole depuis une des plus hautes ouvertures :
«- AAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHH….. »
Un type les attributs à l’air, en position cambrée et les bras étirés en arrière pour contrebalancer profite de la délivrance d’une vessie tandis qu’un jet teinté vient atterrir à l’endroit qu’occupait le rongeur quelques secondes auparavant.
Cet homme tout le monde à oublié son nom, et ça fait quarante ans qu’il vit là.
Quand on est jeune, on a envie de batifoler, et quand on a la fille consentante sous la main, on cherche souvent des endroits improbables.
Cet endroit improbable, il y est encore. Quelques trois minutes après qu’ils aient pénétrés dans l’édifice, les deux premiers étages s’effondraient sur sa copine de jeu. A ce moment le garçon tout excité, était déjà au quasi-sommet.
Les sorties étaient condamnées, lui avait trop peur et trop de raison pour sauter et beaucoup d’intérieur restait encore à visiter. Il y resta.
Au début la tour était plutôt simple à stabiliser, quelques contrepoids de ci de là et le tour était joué. Mais les années passant, la ruine s’aggrava, il du compiler avec de plus en plus de paramètres et la précarité s’accentua avec le nombre de systèmes d’équilibre pour y pallier.
Il apprivoisa même des oiseaux et les dressa à se poser sur certains perchoirs selon la situation.
C’était son défi, maintenir la tour debout à tout jamais et sa mono maniaquerie lui avais permis contre toute logique de passer tempêtes, guerres et abrutis.
Inutile de dire qu’il était complètement chtarbe.
Mais revenons au présent et retrouvons ce jeune homme devenu vieux monsieur en train de se déplacer dans la bâtisse.
C’est assez difficile à décrire mais il faut comprendre que chaque mouvement en nécessite un autre, que chaque pas mal placé sur une marche peut coûter l’écroulement total, et que tout doit être compenser en permanence.
Ajouter à cela le fait que l’intérieur est bâtit avec autant d’intelligence que l’extérieur, et vous obtenez un vieillard psychopathe tirant sans cesse sur des cordes et gesticulant de convulsions permanentes**, tout ça pour se servir un thé au milieu d’une cacophonie architecturale où les escaliers rentre dans les murs.
Et alors qu’il est en train de se verser son eau chaude dans une tasse, manipulant un yoyo dans l’autre main et répartissant une gigue et un tango entre chacun de ses pieds, un cri parvient de l’extérieur :
« VIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIVRES ! »
Un concert de plumes, un placement orchestral d’une multitude d’oiseaux sur les perchoirs et une déambulation convulsive plus tard, le vieillard se retrouve sur ce qu’on pourrait appeler un balcon.
« - Lé ba ca pas tôt trop ! Mange infousion dépuis trois joues ! » Approxima t’il à la silhouette zigzagant sur place en contrebas. « Parquoi qu’t’as l’fou au ceul camme ça ma garçon ?
- Y’a moins de chance que ta connerie me tombe sur la gueule si je bouge. Envoie ton panier que j’me taille.
- Ouai oué blouge pas.
- Si je veux. »
Tirant sur 3 cordes et actionnant un levier, le vieillard fit descendre une nacelle alors que de l’autre coté de la tour, 2 moulins à vent se mirent en route, 1 peigne à cheveux se leva, un tabouret à 1 pied descendit et 3 oiseaux délestèrent du guano.
Le jeune transvasa les vivres dans la nacelle, reçu quelque pièce d’or sur le crâne puis se barra en courant à coup de zigzags.
La nacelle remonta, une armoire accompagné des 128 plumes tombèrent au bout de cordes de l’autre coté, et la tour vacilla violement alors que le vieil homme réinventait la polka.
Hors de portée d’une éventuelle chute de tour, le livreur pu ralentir le pas, opter pour une trajectoire plus rectiligne et se mettre à marmonner :
« - Putain de vieux timbré. On devrait l’abattre sa foutue tour, l’écrabouiller, la…. »
Une ombre soudaine s’abattit sur lui et sa phrase dans un bruit sourd d'atterissage.
Il leva lentement les yeux vers ce que son cerveau eu honte de lui avouer être un énorme reptile carnassier tout croc tout flamme.
« - VOUS AVEZ DIT ECRABOUILLER ? lui demanda aimablement l’apparition.
- Ghjieu…
- IL A DIT ECRABOUILLER, lui répondit la chose en souriant bêtement tout en l’écrabouillant d’une patte avant de se l’envoyer dans le gosier. »
Puis après un « BURP » distingué, il gravit la colline pour se diriger vers la tour.
Les oiseaux s’affolèrent, la tour trembla sous les pas de la bête et le vieux dingue se crispa en voyant la masse de danger approcher.
La tour pencha, pencha…pencha…et l’homme sortit de sa tétanie juste à temps pour servir un madison endiablé et tirer sur un nombre incalculable de choses ; et la tour se redressa.
Le lézard géant se trouvait maintenant au pied de la tour, nez à nez avec son propriétaire.
- Vo t’en bite immande !
- OULA TU SAIS PLUS BIEN CAUSER LE VIEUX.
- Vo t’en ! Vo t’en sal bite !
- AH OUI C’EST GRAVE. QU’EST CE QUE TU FAIS AVEC CETTE RUINE DIS MOI ?
- C’ma tour o moi ! Tembera pa. Tembera pa. Mo tour mi vi. Vo t’en grosse bite.
- Il est même complètement arraché ce couillon…ECOUTE J’VAIS LA SOUFFLER TA TOUR. J’SUIS MECHANT C’EST COMME CA. C’EST DANS MA NATURE. AINSI VA LA VIE. ALEA JACTA EST, CE GENRE DE CHOSES.
- Nan Non non non Nan !! Vo t’eeeeeeeeennnnnn
- A 3 JE SOUFFLE. JE COMPTE : 1….
Le vieux ferma les yeux et se mis à danser frénétiquement une vingtaine de danses en même temps, les yoyos valsaient entre ses mains, ses mouvements se détraquaient.
- Naaaaaaaaaonnn. Pas tomB. Pas Tommb. Pas Souflle mi tour mo moi. MI TOUR !!!
- 2 ….
Les gestes du vieux devinrent désordonnés et détraqués au possible, son cœur s’emballa.
Puis lâcha.
Il s’affala de tout son long, les yoyos roulèrent dans la tour et les oiseaux s’envolèrent dans un concert de piaillement.
- ET……MERDE.
C’EST VRAIMENT PAS DROLE.
DE LA VIANDE FROIDE MORTE TOUTE SEULLE. SA COUPE L’APPETTIT.
ET PERSONNE A QUI MONTRER MA MECHANCETE. C’EST NUL.
LACHEZ MOI LES AMUSES-GUEULE.
Un jet de flamme jailli d’entre les crocs du lézard et carbonisa une trentaine de volailles.
Puis profondément déçu et alors que la tour commençait à piquer du nez dans sa direction, la bête s’en retourna et s’envola vers un meilleur horizon.
Et ici, alors que la tour branlante semble entamer son ultime oscillation vers un impact final, dans le dos de la bête la tour se relève sous le vent des ailes.
Les oiseaux restants, si bien dressés, dansent sur les perchoirs.
Et quelque part dans la tour, des yoyos roulent et doucement, viennent se positionner entre deux pierres, se caler sous un encadrement ou simplement s’arrêter là où le poids manque.
Et la tour est debout et l’homme est mort.
Généralement pour finir d’endormir les sales mômes qui sont encore éveillés, on finit le tout en disant que la tour resta alors debout pendant une éternité grâce aux oiseaux, qu’elle fini par se marbrer de vieillesse et que plus tard, après la montée des eaux, les navires perdus venaient s’y fracasser.
Et que plus tard, après la descente des eaux et les avancées techniques, on y mettrait des escalators.
Et ça aurait bien plus de gueule.
*Intimité souvent fièrement exhibée dans le bocal le plus prestigieux, et toujours disproportionné par rapport au contenu…question
d’ego.
**Syndrome qui bizarrement est très proche de celui appelé « De la Tourette » en d’autres lieux. A croire que le bouche-à-oreille peut être efficace...
6 photos réalisés en collaboration avec Marie-ange, une ancienne Lisaardienne, sur le thême "Entrée-Sortie".
Le bébé s'appel Xavier ce qui fait une belle jambe à tout l'monde; il entre et il sort...ou il sort et il entre ?
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